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Luc Monnet maîtrise la
technique du crescendo à la perfection. Il l'a démontré hier soir, lors
de la traditionnelle cérémonie des vœux aux élus locaux du secteur et
aux corps constitués. Après une bonne heure de description… pédagogique
des différentes actions du Conseil général, il s'est lancé dans une
véhémente offensive contre les trois maires d'Avelin, Attiches et
Tourmignies, qui veulent quitter la CCPP, et contre le maire de
Pont-à-Marcq, accusé de les avoir "débauchés" pour former une nouvelle
communauté de communes à quatre. C'est sur une formule en forme
d'apothéose que Luc Monnet a terminé son propos, en faisant référence à
son mariage en avril dernier et en s'adressant au maire de Pont-à-Marcq.
"Quand je vous aurai dit que dans quelques jours, je rencontrerai le
préfet avec plusieurs de mes collègues, le 14 février, jour de la
Saint-Valentin, vous comprendrez que tous les espoirs, tous les rêves
les plus fous, M. le maire de Pont-à-Marcq, sont permis. En 2001, j'ai
fait un mariage d'amour. En 2002, je suis prêt au mariage de raison!"
Pour les initiés, le message est clair d'après Luc Monnet, le préfet
n'acceptera pas aussi facilement la sortie d'Avelin, Attiches et
Tourmignies, et il se pourrait bien qu'il décide en fin de compte
d'obliger Pont-à-Marcq à intégrer la CCPP... Une éventualité que Robert
De Man, maire de Pont-à-Marcq, avait balayée d'une formule toute aussi
cinglante samedi dernier, en affirmant que si tel était le cas, "ce
serait introduire le loup dans la bergerie". Ambiance... |
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De " l'attentisme" à "
l'électrochoc "
Avant d'en arriver à cette conclusion -en quelque sorte la réponse du
berger à la bergère...-,Luc Monnet a développé tout un argumentaire sur
l'accélération des travaux de la communauté de communes depuis son
élection au printemps dernier. "Il y a 10 mois, vos représentants. m'ont
confié la responsabilité de la CCPP en m'élisant président. J'ai été élu
sur une volonté de passer à l'action après des années de réflexion
stérile (...) Je peux vous dire que ma façon de travailler et d'animer
mes collègues a libéré les énergies. Personne ne le conteste". Mais Luc
Monnet constate qu'"il y a les insatisfaits: ceux-là même qui m'ont aidé
à faire le changement, qui au lieu m'aider à l'intérieur proposent de
partir et de faire autre chose, d'aller plus vite. Du moins, ils le
pensent. Mais ils se trompent. Si nous voulons avancer, faire que notre
pays de Pévèle existe et soit reconnu, nous devons être unis et avancer
ensemble. Leur proposition ne peut que nous faire perdre du temps (au
mieux, si cela aboutit, ce sera pour 2003), avec du retard sur nos
chantiers, le curage de la Marque en tête. Du mandat de réflexion et
d'attentisme de mon prédécesseur, j'ai souhaité que le mien soit celui
de l'action. Cette Situation nous galvanise et a créé un électrochoc",
n'hésite pas à ajouter le président de la CCPP. Il use de l'autocritique
pour mieux la renvoyer dans le camp des communes dissidentes. "Dans la
CCPP, il y a des dysfonctionnements, chaque vice-président ne travaille
pas comme je le souhaite. Je puis vous dire qu'il y a une prise de
conscience réelle à ce sujet. Et si le patron doit remettre les choses à
plat et même son mandat en jeu, je suis prêt à le faire", va jusqu'à
affirmer Luc Monnet. A travers toutes les petites phrases assassines qui
traversent presque quotidiennement les rives de la Marque, on se rend
compte que l'intercommunalité est décidément un enjeu majeur du secteur
pour les décennies à venir. C'est aussi l'avis de l'association Pévèle
2000, qui milite depuis longtemps pour l'élaboration d'un projet de
territoire du pays pévèlois. Ce soir, cette idée franchira un nouveau
pas, dans les salons de la préfecture. Le préfet signera en effet avec
Pévèle 2000 la charte de création du comité de pilotage du pays pévèlois.
Son objectif: mettre autour de la table toutes les intercommunautés de
la Pévèle pour avancer ensemble. Bon courage à l'arbitre... |
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Le curage de la Marque
: mais si ! Ça avance!
Passant en revue tous les domaines d'action
du Conseil général, Luc Monnet s'est longuement arrêté bien entendu sur
la compétence assainissement et cadre de vie, qui a en charge entre
autres... le curage de la Marque.
Face aux critiques sur la lenteur des travaux - l'association SOS
Marque, née au lendemain des grosses inondations de décembre 2000, a
tenu son assemblée générale la semaine dernière - Luc Monnet a tenu à
répliquer point par point. "Le Conseil général a octroyé une subvention
de 940.000 F (143.302 €) au curage de la Marque. C'est loin d'être une
somme négligeable ! Je pense avoir pris la mesure des enjeux des
inondations, et j'ai demandé au vice-président de la CCPP chargé du
dossier d'aller plus vite. La communauté de communes a déjà versé de son
côté 300.000 F (soit 45.734 €) pour nettoyer sur le champ le plus
urgent. Elle a d'ores et déjà fait poser un moine en amont de la Marque
dans la forêt de Phalempin. Nous avons également lancé des études pour
bénéficier d'un plan d'action cohérent, afin de répondre aux attentes
des habitants, des élus et d'associations comme SOS Marque.. J'estime
que l'association a toute sa place dans la réflexion. Elle nous sert
d'aiguillon. Ça ne fait pas toujours du bien, mais ça nous fait
avancer", reconnaît le président de la CCPP et conseiller général du
canton de Cysoing. Pour autant, Luc Monnet n'accepte pas toutes les
critiques, surtout les plus récentes. "Le week-end dernier, je me suis
promené dans la Pévèle. Comme il pleuvait beaucoup, j'ai pu observer que
l'eau s'écoule de nouveau très bien dans les riez et dans les fossés de
Templeuve, de Péronne, d'Ennevelin, et même sous le pont de
Pont-à-Marcq. les premiers travaux qui ont été réalisés peuvent donc
nous laisser de l'espoir", souligne-t-il.
Les routes de la Pévèle
Autre sujet sensible ces derniers temps dans la Pévèle : le nouveau
schéma directeur de la métropole lilloise. Or, parmi les compétences du
Conseil général, on peut également citer l'entretien des routes
départementales et les aménagements de sécurité. L'occasion pour Luc
Monnet de rappeler le vieux projet de contournement, de Templeuve et
d'échangeur de Genech. "En 2002, l'enquête publique devrait être lancée.
Dernièrement, les techniciens du Conseil général nous ont montré lors
d'une réunion le tracé retenu. Mais de toute façon, il faudra encore
trois ou quatre ans avant d'utiliser cet échangeur", rappelle-t-il. Il
ne pouvait pas non plus passer sous silence la liaison
Douai-Orchies-Tournai, qui inquiète tant les villages de Bachy,
Bourghelles, Wannehain, Cobrieux, Péronne, etc... "Nous avons d'ores et
déjà obtenu la garantie que ce ne serait jamais une liaison
Orchies-Baisieux-Camphin, qui aurait coupé en deux toute la Pévèle, et
nous continuons à militer pour que l'on utilise davantage les autoroutes
A23 et A27 déjà existantes", souligne Luc Monnet.
Troisième collège : " Pensons au
bien commun "
On retrouve également le Conseil général dans le domaine de
l'enseignement, puisqu'il finance la construction et l'entretien des
collèges. Ce qui a permis à Luc .Monnet de revenir sur "deux points très
positifs: la construction d'une demi-pension à Pont-à-Marcq et la
réalisation d'un vœu que j'ai fait il y a trois ans: la nécessité,
compte tenu de la fréquentation trop importante des collèges de Cysoing
et Pont-à-Marcq d'obtenir la création d'un nouveau collége en Pévèle".
Revenant sur la question de l'implantation (Cappelle ou Templeuve ?),
Luc Monnet s'est voulu consensuel. "Il faut souhaiter que le lieu qui
sera choisi le soit dans le souci du bien-être des enfants et des
enseignants et qu'il soit parfaitement accepté par tous. Pensons au bien
commun et non aux ambitions personnelles", a conclu le conseiller
général... et maire de Templeuve. |